Suppression des chaudières : les modèles concernés

2,6 millions de foyers français se chauffent encore au fioul, malgré la vague verte qui déferle sur le secteur du bâtiment. Depuis le 1er juillet 2022, l’installation de nouvelles chaudières fonctionnant uniquement au fioul ou au charbon est interdite dans tous les bâtiments, qu’ils soient neufs ou existants. Les modèles hybrides et les appareils déjà en service échappent à cette mesure, tandis que les remplacements restent possibles sous conditions strictes.

Cette évolution réglementaire s’inscrit dans une série de décisions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Plusieurs équipements autrefois courants se retrouvent ainsi sur la liste des dispositifs voués à disparaître du paysage résidentiel français.

Ce que dit la réglementation sur l’interdiction des chaudières à gaz

Le cadre législatif évolue à vive allure, avec pour objectif de freiner les émissions polluantes issues du chauffage. Portée par la ministre Barbara Pompili, la réglementation environnementale se resserre sur le secteur du neuf, en particulier les logements collectifs. Depuis la mise en place de la RE2020, installer une chaudière à gaz dans un immeuble d’habitation neuf n’est plus autorisé.

Voici les situations concrètes où l’interdiction s’applique :

  • les projets immobiliers collectifs dont le permis de construire a été déposé après l’été 2021 ;
  • les logements individuels neufs, déjà touchés par la fin des chaudières au fioul ou au charbon ;
  • le recours au gaz naturel comme source principale de chauffage.

Les bâtiments existants échappent, pour le moment, à cette vague d’interdictions. Mais le mouvement est lancé : la chaudière gaz classique vit ses dernières années dans le neuf, poussée dehors par des alternatives moins polluantes. Les professionnels du chauffage doivent désormais composer avec ce nouveau cap lors de chaque installation sur des constructions récentes. La France s’aligne ainsi sur les ambitions européennes, accélérant la transition vers des équipements performants et moins gourmands en énergie fossile.

Quels modèles sont réellement concernés par la suppression ?

La suppression des chaudières ne frappe pas au hasard : certains appareils sont clairement dans le viseur, notamment ceux qui fonctionnent au gaz ou au fioul. Les premières à sortir du jeu sont les chaudières à gaz et chaudières fioul dans les logements collectifs neufs. Désormais, plus question d’installer une chaudière gaz dans un immeuble neuf, qu’elle soit classique, à basse température ou à condensation.

La règle s’étend aussi aux chaudières fioul et charbon, bannies de toutes les constructions neuves, qu’elles soient individuelles ou collectives. Cette disposition concerne autant les systèmes de chauffage central que la production d’eau chaude sanitaire.

Pour clarifier les catégories concernées, voici un point synthétique :

  • Chaudières gaz classiques : interdites dans le neuf, y compris les modèles à condensation.
  • Chaudières fioul et charbon : supprimées d’office dans toute nouvelle construction.

Les équipements déjà en place dans les logements existants restent en service, tant qu’ils respectent les règles d’entretien et de sécurité. Seuls les projets de remplacement chaudière gaz dans les bâtiments neufs sont directement touchés par l’obligation de changer de technologie.

Les modèles hybrides, ou ceux qui fonctionnent au biométhane ou à l’hydrogène, ne sont pas concernés à ce stade. Ces solutions innovantes, à condition de répondre aux critères de performance exigés par la réglementation, peuvent être installées sans contrevenir aux nouvelles règles.

Couple retiree dans leur cuisine avec ancienne chaudiere enlevée

Changer de chaudière : quelles alternatives et conseils pour bien choisir ?

La disparition programmée des chaudières gaz et fioul dans le neuf redistribue les cartes du chauffage résidentiel. Les alternatives s’imposent, guidées par la transition énergétique et la montée en gamme des exigences de performance. La pompe à chaleur, qu’elle soit air/eau ou eau/eau, s’est imposée comme la favorite du secteur. Son efficacité et sa capacité à capter la chaleur de l’environnement séduisent aussi bien les particuliers que les professionnels.

Autre solution qui gagne du terrain : la chaudière biomasse, alimentée par des bûches ou des granulés. Elle séduit par son faible impact carbone et la valorisation de ressources renouvelables. Les chaudières hybrides, mêlant pompe à chaleur et appoint gaz, gardent une place dans les régions les plus froides, grâce à un compromis entre innovation et robustesse.

Le chauffage électrique nouvelle génération, pilotable et plus économe, s’invite aussi dans certains projets, notamment dans le collectif. Enfin, les réseaux de chaleur urbains alimentés par des énergies renouvelables deviennent un choix pertinent dans les zones denses.

Avant de vous lancer, voici quelques recommandations concrètes pour réussir votre projet :

  • Pensez performance énergétique : évaluez le COP des pompes à chaleur, la puissance adaptée à la surface, et tenez compte de l’isolation du logement.
  • Exploitez les aides financières : MaPrimeRénov, CEE, éco-prêt à taux zéro. Ces leviers rendent le changement plus accessible.
  • Réalisez une simulation thermique pour affiner le choix du matériel et garantir un confort optimal.

Une opération de remplacement de chaudière bien menée suppose un équipement adapté à l’existant, un réseau hydraulique compatible et une installation conforme. S’appuyer sur des professionnels certifiés RGE, c’est miser sur la qualité et bénéficier des dispositifs d’aide disponibles.

La page se tourne sur les chaudières traditionnelles : désormais, chaque nouveau projet de chauffage est une invitation à choisir l’avenir, pas le passé.

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